Dans des conditions proches de celles du milieu professionnel dans lequel ils seront bientôt plongés, les étudiants ont travaillé une semaine durant sur des projets définis par les intervenants invités, et pas des moindres, puisque pour cette session 2014, l’ECV a invité de grands noms du design et du graphisme international. Nous avons profité de leur venue pour revenir sur leurs interventions et sur leurs impressions sur cette semaine passée avec les étudiants.

 

Calligraphie avec Barbara Calzolari 

Barbara Calzolari à l’ECV Aquitaine. 

 

Barbara Calzolari avait déjà participé à une conférence en 2012, avant de revenir cette année pour animer un atelier pendant les workshops bordelais. Calligraphe originaire de Bologne, plume de renom qui a notamment travaillé pour le Vatican sous Benoît XVI, professeur à la prestigieuse école de IAMPETH à Nashville mais aussi à Dallas, Barbara Calzolari, a proposé aux étudiants, séparés en quatre groupes de cinq de s’essayer à l’art délicat de la calligraphie, en produisant une publicité. « On a commencé par les lignes et le mouvement, traçant l’écriture avec un pinceau spécial, puis en produisant un en-tête, comme s’ils travaillaient dans une agence de publicité (…), correspondant à l’image que je leur ai donné. Ils ont produit un travail admirable. »

 

Exercice réalisé par les étudiants en début de workshop.

 

Peter Donnelly en Illustration à l’ECV Aquitaine

Peter Donnelly introduisant son workshop aux étudiants de l’ECV Aquitaine.

 

Originaire d’Irlande, Peter Donnelly collabore en tant qu’illustrateur depuis plus de 25 ans dans l’édition pour enfants, le cinéma, la publicité. Son travail a également été remarqué à plusieurs reprises, notamment par TASCHEN, The Creative Quarterly Journal or Art and Design, American Illustration et The 3×3 Magazine of Contemporary Illustration.

A l’occasion de sa venue à Bordeaux , il a proposé aux étudiants d’illustrer une chanson de leur choix, l’intérêt étant d’examiner « l’importance de trouver une solution visuelle à un brief, en développant d’abord une esquisse à l’ordinateur. » Les étudiants, ayant pour restriction de n’utiliser que quatre couleurs dans leur illustration finale, ont également pu explorer, grâce à cet atelier, différentes techniques allant de la colorisation en offset à l’utilisation de textures vintage.

Un atelier enrichissant, d’après Peter Donnelly, autant pour les étudiants que pour lui. « La plupart des étudiants se sont appliqués à la tâche, et ceux qui ont donné le plus d’eux-mêmes ont surpassé les autres et ont eu l’air d’apprécier le challenge. Ce que je leur donnerais comme conseil, ce serait de faire des expériences et de trouver la voie qui les passionne. Le workshop est une opportunité de se lancer vers de nouvelles directions et de nouvelles découvertes. Il faut qu’ils se servent au maximum de leur tuteur quand il est là et qu’ils posent plus de questions. J’aime quand les étudiants pensent au-delà des sentiers battus, quand ils n’ont pas peur de faire des erreurs et qu’ils échouent pour mieux recommencer et non quand ils restent dans leur zone de confort. »

Un atelier qui a même permis à Peter Donnelly de découvrir « de vrais talents au sein de l’école. »

 

Exposition des affiches réalisées à la fin du workshop Illustration à l’ECV Aquitaine.

 

Portfolio digital – Jackie Stewart

 

Jackie Stewart conseillant un étudiant lors du workshop Portfolio digital. 

Passionnée par les marques et la typographie, Jackie Stewart travaille en tant que designer et directrice de marques freelance entre Paris et New York. Enseignante à l’ECV depuis 2003, elle a proposé aux élèves de produire un portfolio digital, en anglais, prêt à être envoyé aux agences par les étudiants afin de postuler pour des stages en agence. Un portfolio qui a également permis aux étudiants de recevoir quelques conseils « pour entrer dans la sphère professionnelle,  mais aussi quelques explications sur la quantité de choses à dire, et comment. »

« Les étudiants ne doivent pas sous-estimer les travaux réalisés à l’école, car ils sont dans une très bonne école. La maturité vient avec l’expérience, et les entreprises le savent. Leurs idées sont fraiches et neuves, ce qui est un avantage pour n’importe quel studio. Ayez confiance, travaillez dur… »

 

Etudiants travaillant leur portfolio.

 

Stop Motion – Jin Angdoo Lee

 

Jin Angdoo avec les étudiants de l’ECV Paris lors du workshop Stop Motion. 

 

Animatrice et réalisatrice, Jin Angdoo Lee est venue à l’ECV Paris pour proposer aux étudiants un atelier de Stop Motion. Originaire de Corée, partageant son temps entre Paris et Amsterdam, Jin « Angdoo », un surnom qui veut dire ‘cerise’ en coréen, a réalisé plusieurs films publicitaires. « J’aime faire des expériences avec différents médias, de préférence des choses tangibles. Ce qui va d’ailleurs au-delà du domaine du film en soi, au travers de différentes disciplines. »

L’atelier proposé a donné beaucoup de liberté aux étudiants, devant partir d’une forme de départ, à animer pour arriver à un résultat défini par Jin Angdoo, avec les matériaux de leur choix. « Je leur ai tout de même donné une structure stricte pour préparer et animer leurs films, pour leur montrer la réalité du travail en stop motion. »

« Les étudiants ont compris, appris et mis en application très vite. De plus, ils n’ont pas eu peur d’essayer et d’improviser, ce qui est nécessaire pour n’importe quel projet de stop motion. »

 

Image extraite du film réalisé par les étudiants lors du workshop. 

 

Faites votre propre fanzine – Gino Bug Hoiting

 

Gino Bud Hoiting lors du workshop Make your own zine. 

 

Illustrateur hollandais, formé à l’Ecole des Beaux-Art d’Utrecht, Gino Bug Hoiting a fondé un studio spécialisé dans la publicité, avant de déménager à Paris. Entre publications dans des magazines et travaux personnels, exposés dans différentes galeries – la prochaine ouvrant ses portes le 14 mai à la Galerie Oz d’Amsterdam – Gino Bug Hoiting est venu à l’ECV Paris pour proposer aux étudiants de fabriquer leur propre « Zine » ou fanzine, publication auto-publiée tirée à un petit nombre d’exemplaire. « Personnellement, je pense que le zine est l’outil parfait pour exprimer des idées qui ne correspondent pas au mainstream, du fait d’un contenu assez personnel. Pour fabriquer un zine, on n’est pas obligés de s’inquiéter d’un accord éditorial, on a une totale liberté de création. J’ai challengé les étudiants en leur proposant de penser à un sujet qui leur parle, de personnel et fascinant. »

Autorisés à utiliser n’importe quelle technique, de l’illustration à la photographie, en passant par la typographie ou même autre chose, comme la poésie, Gino Bug Hoiting est sorti de cet atelier avec une bonne impression des élèves « certains travaillant de manière très indépendante, ce que j’apprécie beaucoup, et d’autres ayant eu besoin de plus d’encadrement, ce pour quoi je suis là. »

Un conseil  aux élèves pour le futur ? « Premièrement, soyez vous-mêmes. C’est un peu cliché, mais personne d’autre ne sait mieux que vous ce qui vous convient et ce vers quoi vous voulez vous diriger. Essayez également d’utiliser le plus possible toutes les ressources qui sont à votre disposition à l’école. Trouvez un moyen de collaborer avec vos camarades. Et enfin, le plus important : amusez-vous. »

 

Présentation finale des fanzines réalisés par chaque participant. 

 

The 7 rulers of graphic design – Richard Niessen

 

Richard Niessen lors de la présentation finale des travaux réalisés durant le workshop. 

 

C’est en s’inspirant des Sept lampes de l’Architecture de John Ruskin, et transposé au graphisme, que Richard Niessen a construit son workshop à l’ECV Paris. Graphiste indépendant vivant et travaillant à Amsterdam dans un atelier qu’il partage avec sa femme Esther de Vries, Richard Niessen a invité les étudiants à chercher et définir les sept grandes règles du graphisme. « Les étudiants et moi avons lutté, mais nous avons tous trouvé une réponse aux questions posées. ». Malgré un certain regret exprimé quant à des classes trop ‘informatisées et pas assez « bordéliques »,  la semaine de workshop s’est terminée par l’exposition des travaux réalisés en groupe, et l’exposition de l’affiche réalisée devant chacune représenter une des 7 règles.

 

Affiche représentant l’une des 7 règles du design graphique. 

 

Graphic Design Undercover – Rozina Vavetsi

 

Rozina Vavetsi lors de la présentation des travaux réalisés durant le workshop. 

Professeur de design graphique et coordinatrice pédagogique du département Beaux Arts à l’Institut de Technologie de New York (NYIT), Rozina Vavetsi a encadré les étudiants de l’ECV Paris durant un workshop d’une semaine sur le thème du “Graphic Design Undercover”. L’objectif était de leur apprendre à regarder les manifestations sous jacentes du design graphique dans notre environnement surchargé d’informations afin de permettre aux gens de pouvoir s’approprier immédiatement l’information qui les intéresse. C’est au travers d’études de cas et de projets allant au-delà de l’esthétique pure qu’ils se sont intéressés au design d’informations. « Ils ont été exposés à plusieurs méthodes de visualisation et ont développé des projets représentant des informations complexes de façon claire et compréhensible par tous en y mettant leur style personnel. » 

Une expérience qui a plu à Rozina qui a trouvé les étudiants « ouverts d’esprit, avec une bonne réflexion et apprenant rapidement. Pour s’améliorer, ils doivent apprendre à travailler avec des contraintes et avec une forte densité d’informations afin de faire vivre une expérience qui fait sens. »

 

Les étudiants L2-L3 de l’ECV Paris ayant participé au workshop et Rozina.

 

Design et signalétique – Jean-François Lacombe

 

Jean-François Lacombe durant le workshop à l’ECV Nord Europe.

Professeur de design graphique à l’Ecole Multidisciplinaire de l’Image, et fort d’une expérience fortement pluridisciplinaire, Jean-François Lacombe a proposé, lors de l’unique atelier proposé cette année à l’ECV Nord Europe, d’occuper un espace en produisant une signalétique adaptée. « Nous avons d’abord abordé la question de la signalétique, en considérant que ce sont autant des éléments d’orientation que des éléments d’identification. Les étudiants ont développé un système qui pouvait supporter une installation artistique située dans une classe du pavillon de l’ECV Lille. Ils ont décidé de créer l’illusion que « Pinky Bunny Boy », mascotte de Lille 3000, était toujours bien présent à Lille et qu’il se trouvait en fait à l’ECV ! ».

Un atelier qui a agréablement surpris Jean-François Lacombe, épaté par des étudiants qui « ont fait preuve d’une grande implication tant au niveau conceptuel qu’au niveau de la réalisation. » Il leur conseille d’ailleurs de « continuer de dépasser les mandats proposés par vos intervenants autant que par vos employeurs ; ils seront peut-être déstabilisés au début, mais comprendront rapidement vos qualités de designer qui voient le « Big Picture », et qui perçoivent les enjeux qu’impliquent la communication visuelle. »

 

Voir les travaux des étudiants sur le site ecv.fr et les pages Facebook de l’ECV Paris et Bordeaux.